Accès et parcours
Détails
- Parcours
- Parcours linéaire, à sens unique, descendant du Nord vers le Sud
- Communes
- Commence sur la commune d'Ardales et se termine sur celle d'Álora
- Distance
- 8 kms
- Temps estimé
- 3-4 heures
N'oubliez pas de passer par le Centre d'Accueil des Visiteurs. Nous vous attendons !
Le parcours
Le parcours du Caminito del Rey est spectaculaire, depuis votre arrivée dans la zone du barrage du Conde de Guadalhorce jusqu'à votre sortie par le barrage d'El Chorro. Nous nous trouvons dans un environnement naturel unique, qui serpente entre deux défilés, des canyons et une grande vallée, alternant entre sentiers et passerelles.
Accès 1. Sentier de Gaitanejo (2,7 km de parcours)
En entrant par le « Grand Tunnel » à côté du restaurant El Kiosko, vous emprunterez le parcours long (2,7 km) via un sentier boisé de pins d'Alep plantés pour fixer le sol. À la sortie, vous trouverez un panneau d'information « Caminito del Rey », puis vous apercevrez l'ancienne centrale de Gobantes, première de type réversible en Espagne. Plus loin, vous découvrirez les vestiges de la « Casa de Farraya », une maison-grotte typique. Le sentier descend ensuite au niveau de la rivière où vous attend l'« Arco Gótico », une formation géologique singulière de type 'tafoni'. Le parcours se termine quelques mètres plus loin au Poste de Contrôle de l'accès nord, point de départ officiel.
La Casa de Farruya/Farraya, aujourd'hui en ruines, illustre l'utilisation de la roche sédimentaire tendre pour l'excavation d'habitations. On y voit encore les espaces de vie et les encoches des poutres. Certaines de ces maisons remontent à l'époque médiévale et furent occupées par les ouvriers des chantiers hydroélectriques jusqu'aux années 70. L'ouverture du Caminito a facilité l'approvisionnement de ces familles avant qu'elles ne finissent par déménager vers le village du barrage.
En suivant ce sentier, vous longez la rive droite du fleuve Guadalhorce, où s'épanouit une végétation de berge (joncs, roseaux, lauriers-roses, tamaris, peupliers). Vous pourrez y observer des oiseaux comme le cormoran, le héron cendré ou la bouscarle de Cetti. Les eaux abritent également des populations de poissons telles que des barbeaux, carpes, black-bass et perches soleil.
Accès 2. Tunnel piéton et piste de Gaitanejo (1,5 km de parcours)
Le passage par le « Tunnel Piétonnier » situé 200 m avant le restaurant « El Kiosko » permet de raccourcir le chemin (1,5 km / environ 25 min). Ce tunnel, plus profond (150 m) et étroit, mène à la Piste de Gaitanejo. Cette piste, utilisée par les véhicules de maintenance, offre une descente confortable avec vue sur les eaux émeraude du barrage. Vous y verrez l'« Arco Gótico » sous une perspective différente. La piste descend jusqu'au Tunnel et au Pont des Tafonis avant d'arriver au Poste de Contrôle nord. Pour les amoureux de la nature, les mois de mars et avril sont idéaux pour la floraison. Côté faune, on peut y observer le faucon pèlerin, l'aigle de Bonelli et des vautours, ainsi que des bouquetins et des renards au crépuscule.
Le monument géologique appelé Arco Gótico
Appelé à tort « Arc Gothique » (sa forme circulaire ne correspondant pas à ce style), cette paroi de grès présente l'une des formes érosives les plus singulières du site. Il s'agit en réalité d'un « tafoni », une formation alvéolaire sculptée par l'eau et le vent. À proximité, une aire de repos permet d'observer les oiseaux et d'écouter leurs chants. La végétation y est dense, composée de pins d'Alep, de genévriers, d'eucalyptus et de broussailles comme le palmier nain ou le thym. D'autres « tafonis » moins spectaculaires sont répartis dans la Sierra Parda, certains ayant servi de base à des maisons rupestres appelées « Cuevas Pardas ».
Le tunnel et le pont des Tafonis
Pour la construction et l'entretien des infrastructures hydroélectriques, il a fallu créer une piste d'accès incluant ce tunnel et ce pont. En sortant du tunnel, prenez le temps de regarder en arrière pour observer l'ensemble de « tafonis » où l'ouverture a été creusée. Le nom de « Desfiladero de los Gaitanes » vient d'ailleurs de l'ancien nom donné aux rapaces (Gaitán) qui survolaient la zone, notamment les gypaètes barbus. Au printemps et en été, il est fréquent d'observer la nidification dans ces canyons.
Poste de réception des visiteurs et services
Après la marche d'approche (30 à 60 min selon l'accès choisi), vous arrivez au Poste de Réception. C'est ici que commence le parcours officiel. Les visiteurs y reçoivent un casque de protection après vérification de leurs billets. Les chaussures sont contrôlées et les objets interdits (parapluies, bâtons, perches à selfie) doivent être rangés. Une courte présentation rappelle les consignes de sécurité, notamment l'interdiction de jeter des déchets.
La centrale hydroélectrique de Gaitanejo, où se trouve l'accueil, était l'une des plus anciennes d'Espagne. Le bâtiment de la sous-station se distingue par le grand 'S' sur sa façade, rappel de la compagnie Sevillana de Electricidad. Construit en pierre de taille claire avec des angles en calcaire blanc et des menuiseries vertes, il mesure 20 x 12,50 mètres.
Le barrage de Gaitanejo et les maisons-grottes
Après avoir passé l'ancienne sous-station électrique, vous trouverez un petit belvédère circulaire entourant une tour. De là, vous pourrez observer le barrage de Gaitanejo (1927), conçu par Rafael Benjumea. Ce barrage-poids de 20 m de haut était une œuvre pionnière, intégrant la centrale électrique à l'intérieur de sa structure avec une grande baie vitrée en pavés de verre permettant de voir l'eau tomber. Aujourd'hui désaffecté, il sert de réserve d'eau pour la centrale de Nuevo Chorro. C'est aussi un point de vue idéal sur les maisons-grottes de Sierra Parda, situées en face, qui servaient de logements aux ouvriers du complexe hydroélectrique.
Ces habitations troglodytes profitaient de la tendresse du grès pour être creusées. Des bergers, des agriculteurs et des ouvriers y ont vécu jusqu'à la fin des années 70. Pour eux, le Caminito représentait un accès rapide et pratique vers le village d'El Chorro et sa gare ferroviaire.
Le barrage de Cambutas, le début du canal et le tourniquet d'entrée aux passerelles
En laissant le belvédère derrière vous, vous descendrez vers un tronçon de terre avec, sur votre gauche, le ravin de la rivière, les restes du petit barrage de Cambutas et le canal lui-même qui commence ici par une grande chambre de prise d'eau encore visible. Ce canal visait à exploiter le dénivelé entre l'entrée du défilé de Gaitanejo et la sortie à El Chorro.
Observez la paroi rocheuse d'en face : vous y verrez plusieurs plaques commémoratives marquant le niveau atteint par l'eau lors de crues historiques (1941 et 1949). L'une des plus impressionnantes fut celle de 1906, qui charria tellement de débris qu'elle créa un barrage artificiel, inondant même les voies ferrées.
En passant le tourniquet pour entrer sur les passerelles, regardez le sol : un chiffre est gravé sur les planches tous les 50 mètres. Ces marques vous indiquent la distance parcourue. Elles vont de 50 en 50 m jusqu'au belvédère de Rocas Llanas, puis de 100 en 100 m dans la Valle del Hoyo, avant de reprendre de 50 en 50 m jusqu'à la sortie Sud (dernière marque à 3200 m).
Premier canyon. Desfiladero de Gaitanejo
Nous entamons ici le premier des deux grands défilés du parcours, celui de Gaitanejo. Le défilé mesure à peine 10 mètres de large, marquant le début de la première passerelle.
Belvédère circulaire, plaques commémoratives et première passerelle en bois (point 0 m)
À l'entrée du canyon, vous trouverez un panneau d'information sur l'histoire du site. Le défilé est si étroit (10 m de paroi à paroi) que l'impact visuel est saisissant. Ce tronçon commence par un petit belvédère circulaire abritant des plaques commémoratives. Notez que la plaque de l'inauguration de 2015 indique le 26 mars par erreur ; l'événement fut reporté au 28 en raison du deuil national suite au crash de la Germanwings. Au-dessus se trouve une plaque de 1921 en hommage à l'ingénieur Rafael Benjumea.
Les passerelles actuelles sont les troisièmes à avoir été construites. Les premières (1901) étaient de simples poutres en fer et des planches pour l'entretien du canal. En 1920, elles furent remplacées par « los Balconcillos », une structure plus haute en briques et ciment utilisant des rails de chemin de fer comme supports. La reconstruction moderne a duré moins d'un an, utilisant près de 20 000 mètres de bois et plus de 30 000 vis.
Les Marmites ou Cambutas (50 m parcourus)
L'un des aspects les plus spectaculaires du canyon de Gaitanejo est l'érosion créant des cavités naturelles appelées « Marmites ou Cambutas ». Ces cuves creusées dans la roche sont visibles au fond du défilé. Un petit belvédère semi-circulaire sur la passerelle vous permet de regarder vers le bas en toute sécurité.
Il est intéressant de noter que la rivière constitue la frontière entre les communes d'Antequera (paroi du chemin de fer) et d'Ardales (paroi du Caminito del Rey). Dans cette zone, vous apercevrez les restes de l'ancienne passerelle en ciment et de l'ancienne ligne électrique.
Vestiges de l'ancienne électrification et supports (100 m parcourus)
Au-dessus de votre tête, observez les ancrages en fer en forme de « U » dans la roche : ils servaient au câblage pour l'éclairage nocturne des passerelles. Certains conservent leurs isolateurs en verre ou en porcelaine. Vous passerez également entre les anciens supports en fer incurvés qui rappellent les balcons malaguènes de la fin du XVIIIe siècle. On raconte que Rafael Benjumea a voulu apporter cette touche architecturale délicate à son œuvre.
À la fin de ce premier canyon, vous pourrez voir sous vos pieds les restes de la toute première structure métallique utilisée pour le canal avant d'être remplacée par les célèbres « Balconcillos » (le futur Chemin du Roi).
El Soto
Entre le défilé de Gaitanejo et le Tajo de las Palomas s'ouvre une zone appelée El Soto, très intéressante pour sa biodiversité et son histoire.
Début de El Soto : l'escalier ondulé et la grotte néolithique (300 m parcourus)
La sortie du premier canyon se fait par une descente importante appelée « l'escalier de beurre » en raison de sa forme ondulée. En bas, vous arrivez à El Soto, une sorte de petite lagune entre les deux canyons. Sur votre gauche se trouve une cavité triangulaire qui fut un habitat au Néolithique (5000 av. J.-C.). Des groupes de chasseurs de bouquetins y séjournaient. Comme cet endroit est resté fermé pendant des décennies, c'est devenu un sanctuaire pour la faune, notamment pour les vautours que vous verrez sûrement planer au-dessus de vous.
Le petit tunnel souterrain traversant le canal (350 m parcourus)
La passerelle continue en longeant le mur extérieur du canal jusqu'à un tunnel qui le traverse. Le parcours se fait ici sur deux niveaux. À la sortie, regardez la paroi d'en face pour admirer un ensemble curieux de 'tafonis' (cavités d'érosion) alignés du sommet jusqu'à la rivière. À El Soto, une partie du canal est à ciel ouvert, révélant le travail colossal d'excavation réalisé à l'époque. Vous y verrez même une vanne en fer avec sa clé de fermeture.
Deuxième canyon. El Tajo de las Palomas
Après une longue courbe contournant la paroi rocheuse, vous quittez El Soto pour entrer dans le second canyon, le Tajo de las Palomas.
Pont du Roi (700 m parcourus)
Ce pont doit son nom à la visite du roi Alphonse XIII le 21 mai 1921. Il permettait de relier les parois du défilé, les voies ferrées et les passerelles de service pour le transport de matériel. De là, on peut observer les tunnels ferroviaires creusés à la dynamite par des équipes d'ouvriers. Le pont était à l'origine une fine passerelle « postcontrainte » tenue par des câbles. À sa droite, vous verrez le tunnel n°7 de la ligne Cordoue-Málaga. Cette zone est aussi connue sous le nom de Cañada del Lobo (Ravin du Loup), en souvenir du dernier loup chassé ici en 1941.
Dessableur. Grotte du Taureau (705 m parcourus)
Le premier grand tronçon du canal se termine ici, au dessableur de la Cueva del Toro. Cette structure servait à retenir le sable et les sédiments avant que l'eau n'entre dans la centrale électrique. Les ouvriers manipulaient des perches sur ces murs au péril de leur vie. Au-dessus se trouve la Cueva del Toro (Grotte du Taureau), une cavité karstique ayant servi d'habitat au Néolithique et de forge lors des travaux du canal. C'est un endroit idéal pour faire une pause et observer le vol des vautours ou le pont historique.
Belvédère de Rocas Llanas (900 m parcourus)
Après avoir laissé derrière vous le dessableur et parcouru un tronçon sinueux de passerelles, vous arrivez à une grande avancée rocheuse menant au « Belvédère de Rocas Llanas ». Ce point de rencontre offre un panneau sur la faune locale et une vue panoramique spectaculaire. On peut y admirer l'immense paroi orangée du Tajo de Ballesteros (teintée par l'oxyde de fer), la carrière du chemin de fer sur la gauche, une partie de la Valle del Hoyo au fond et, sur la droite, les sommets des Tajos de Almorchón (663 m).
Le deuxième canyon se termine par de grandes ravines avant de s'ouvrir sur la vallée. Tout au long de la Valle del Hoyo, l'image imposante du Tajo de Ballesteros vous accompagnera, abritant de nombreux nids de vautours et autres rapaces. Levez les yeux pour observer leur vol majestueux profitant des courants d'air ascendants.
C'est ici que l'on réalise l'effort colossal qu'a représenté la construction de la ligne ferroviaire Málaga-Cordoue (1865). Un projet sans précédent achevé en moins de six ans malgré un terrain accidenté exigeant 17 tunnels, 8 viaducs et 19 ponts, dont une partie importante traverse le Desfiladero de los Gaitanes.
La Valle del Hoyo
Après les rapides bruyants du fleuve, l'eau s'apaise et pénètre dans un vaste espace naturel à la végétation luxuriante : la Valle del Hoyo.
Aire de repos et panneaux informativos (910 m parcourus)
L'entrée de la Valle del Hoyo marque une transition vers un paysage très différent qui s'ouvre jusqu'au dernier canyon, le « Gran Gaitán ». En marchant sur la terre ferme, vous quittez le belvédère et le chemin de fer pour vous enfoncer dans la vallée sur environ 1800 m. Le sentier est jalonné d'éléments hydrauliques (ponts, vannes, talus), de sites naturels (mare du Crapaud Accoucheur, pinèdes, grotte aux chauves-souris) et d'aires de repos. Ce cirque montagneux est entouré par les Tajos de Almorchón à droite et les parois d'Antequera à gauche (Tajos de Ballesteros, de los Estudiantes et la Huma - 1191 m). Le contraste entre le vert des pins et l'eau émeraude de la rivière est saisissant.
Aire de repos près de l'ouverture du Canal (1200 m parcourus)
En descendant un sentier terreux, vous verrez le canal réapparaître brièvement avant de s'occulter à nouveau. Le sentier serpente face au Peñón del Cristo jusqu'à une ouverture plus longue du canal près d'un panneau sur la flore. C'est un lieu idéal pour une pause sous les pins. Le sentier effectue ensuite une descente prononcée protégée par des câbles de sécurité jusqu'à un mur végétal soutenu par un filet de protection.
De nombreuses plantes ici sont protégées ou en danger d'extinction en raison de leur rareté, comme la Rucapinos africana, les « zapatitos del señor » (Sarcocapinos baetica) ou la Campanula mollis.
Mare du Crapaud Accoucheur (1380 m parcourus)
Vous arrivez à un recoin ombragé abritant les vestiges d'un ancien dessableur du canal, d'où coule un filet d'eau alimentant la « Charca del Sapito Pintojo ». Cet habitat pour ce petit amphibien endémique a été aménagé en 2015 pour favoriser sa reproduction. Ce site, entouré de grands caroubiers, dispose de bancs en « L » pour se reposer à l'ombre. Les caroubiers massifs de cette zone faisaient partie de la végétation médiévale accompagnant les populations berbères qui utilisaient cet espace entre les défilés pour le pâturage.
Dessableur de la Valle del Hoyo (1510 m parcourus)
Après le point le plus bas de la vallée, le sentier remonte à travers la pinède. Les murs de maçonnerie du canal réapparaissent jusqu'à un autre dessableur important. On peut y observer le mécanisme de vis et de roue servant à actionner la vanne d'eau. Bien que l'espace soit encaissé entre les arbres et les rochers, c'est un endroit accueillant offrant une vue sur les hauteurs du Tajo de Ballesteros.
Grand éboulement de rochers (1800 m parcourus)
Le canal traverse un petit pont tandis que le sentier s'élève parmi les arbustes et les gros rochers. Vous passerez devant un « caroubier creux », étape prisée pour les photos. La zone est reconnaissable à un piton rocheux surmonté d'une tourelle et des restes d'une maison. Le sentier monte jusqu'à un véritable belvédère naturel formé par un éboulement de roches. De là, vous avez une perspective magnifique sur la vallée et la ligne de train avec son pont métallique vert à deux arches. On peut aussi apercevoir les anciennes poudrières blanches (polvorín) où était gardée la dynamite.
Derrière vous, des vautours survolent souvent le Tajo de Almorchón. Le calme peut être rompu par le passage d'un train régional ou de marchandises montant vers Bobadilla ou descendant vers Málaga.
Maison de l'Hoyo (2100 m parcourus)
Le sentier continue de monter face au Peñón del Cristo le long des voûtes du canal jusqu'aux ruines de la Casa del Hoyo, située au centre de la vallée. Également appelée « Vallée des Orangers », cette ancienne exploitation agricole témoigne d'un mode de vie révolu. Sa citerne, alimentée par le canal, desservait la famille, le bétail et le petit verger. Habitée depuis la fin du XIXe siècle, elle servait d'économie de subsistance (vaches, poules, fromage). Abandonnée à la fin des années 70, elle a servi de refuge aux grimpeurs. Des fouilles y ont révélé des céramiques médiévales islamiques, suggérant la présence d'un établissement dès le XIIIe siècle.
Brèches des hauts murs. Canal (2400 m parcourus)
Le chemin mène à une zone en béton où se trouvait autrefois une tyrolienne pour acheminer les matériaux depuis le train. Vous y trouverez le 'Viaduc Eugenio Ribera' (1904), un pont-aqueduc qui permettait de transférer l'eau entre les deux parois du défilé. Sa construction fut un exploit : les ouvriers travaillaient suspendus à 105 m au-dessus de la rivière. Aujourd'hui, l'eau y circule toujours, mais dans des canalisations fermées.
Refuge des chauves-souris (2390 m parcourus)
Un ancien tunnel de service du canal a été réhabilité en refuge pour l'hibernation des chauves-souris. L'entrée est fermée par une porte en bois dotée d'une petite ouverture supérieure pour ces petits mammifères volants. On y trouve des espèces menacées comme les rhinolophes ou les chauves-souris de cavernes. Elles y passent environ 183 jours pour leur période d'hibernation. Ces animaux sont des alliés précieux pour l'homme, car ils consomment d'énormes quantités d'insectes nuisibles et jouent un rôle vital de pollinisateurs.
Vanne du Canal (2390 m parcourus)
Le sentier longe les parois du Peñón del Cristo pour arriver à un petit escalier en bois menant au dernier tronçon de passerelles. Prenez un instant pour contempler la Valle del Hoyo dans toute sa plénitude. À cet endroit, le canal pénètre dans la roche sur environ 300 m (tronçon visitable et éclairé). L'escalier surplombe une grande vanne de contrôle dont on peut voir le mécanisme de roue et de vis.
Depuis 2017, ce tunnel du canal sert d'alternative au sentier aérien les jours de pluie ou de grand vent pour éviter les chutes de pierres, évitant ainsi la fermeture du site. Pour ne pas déranger les chauves-souris, un éclairage LED tamisé a été installé au ras du sol.
Troisième canyon. Desfiladero de los Gaitanes et paroi Sud
L'accès au troisième canyon se fait par un tronçon de passerelles 'suspendues' à plus de 100 mètres de hauteur. C'est la partie la plus impressionnante du parcours. Le dernier tronçon du Caminito s'effectue via des escaliers et une passerelle suspendue qui surplombent l'ancien chemin de la paroi Sud. En regardant vers le bas, vous verrez la nouvelle centrale hydroélectrique d'El Chorro.
Début de la seconde passerelle (2500 m parcourus)
L'accès au troisième canyon s'effectue par un tronçon suspendu qui serpente le long de parois en surplomb. Le parcours est ici beaucoup plus aérien et étroit, bordant tout le Desfiladero de los Gaitanes sur 800 m, avec des parois s'élevant à 250 m au-dessus de vos têtes. Certains passages se situent à peine 1 m au-dessus des anciennes passerelles dégradées. Ce trajet vous donnera la sensation de plonger vers la rivière puis de revenir au cœur de la montagne au gré des failles rocheuses.
Genévrier centenaire (2550 m parcourus)
Après 100 m sur les passerelles, vous arriverez à une courbe offrant une vue imprenable sur le viaduc ferroviaire. Là, levez les yeux pour admirer le 'Genévrier maritime centenaire' : un exemple fascinant de végétation rupicole ayant poussé littéralement dans la roche et survécu des siècles dans des conditions extrêmes.
Un peu plus loin, une petite plaque rend hommage à Raphael Pyffer, un jeune alpiniste suisse victime d'un accident mortel en 2010. Les parois sont parsemées de pitons et de chaînes, témoins de l'époque où les grimpeurs défiaient le vide avant la restauration du site.
Grottes du Peñón del Cristo (2650 m parcourus)
En entrant dans le 'Recodo del Gran Gaitán', vous apercevrez parfaitement l'ancien chemin et, au-dessus de vous, les entrées des grottes du Peñón del Cristo. La paroi présente une couleur ocre due à l'érosion ('terra rossa'). Ces cavités, étudiées par des archéologues, ont révélé des vestiges de l'âge du Bronze. L'une d'elles, la 'AD-05b', est un réseau complexe dont l'accès nécessite des techniques de rappel.
Niches de San Cristóbal (2690 m parcourus)
La masse rocheuse du mont San Cristóbal présente de grandes cavités naturelles ressemblant à des niches. Ce site est aussi appelé 'Tajo de las Tres Cruces' ou 'Tajo de los Tres Techos' par les grimpeurs, en référence à ses trois grands surplombs. Si vous avez de la chance, vous pourrez apercevoir des alpinistes sur ces parois verticales, une vision impressionnante qui témoigne de la difficulté technique de ce site de renommée mondiale.
Balcon de verre (2690 m parcourus)
Le 'Balcon de verre' est une épreuve pour ceux qui souffrent de vertige. En marchant sur son sol transparent, on a la sensation d'être suspendu au-dessus du vide, offrant une vue plongeante sur l'immensité du canyon et les plissements géologiques. Par sécurité, il est conseillé de ne pas y monter à plus de quatre personnes à la fois. De là, vous verrez également le viaduc ferroviaire qui a remplacé l'ancien pont en fer.
Plage fossile et ammonite (2750 m parcourus)
Juste sous le câble de la main courante se trouve l'empreinte d'une 'ammonite', un mollusque céphalopode vieux de millions d'années. Protégé par une plaque de plexiglas, ce fossile confirme que cet endroit était autrefois submergé. Cette zone, appelée 'Plage fossile', présente des ondulations cristallisées du fond marin sur des centaines de mètres carrés. Le mot 'ammonite' vient du grec et fait référence aux cornes de bélier, symbole du dieu égyptien Amon.
Pont suspendu (2900 m parcourus)
Le pont suspendu métallique, long de 35 m et situé à 105 m de hauteur, est le point culminant de l'expérience. Son sol en caillebotis permet de voir l'abîme sous vos pieds. Avant son inauguration en 2015, il a été testé avec une charge de 50 000 kg. Près du pont, des plaques rappellent les accidents survenus avant la réhabilitation, installées à cet endroit précis à la demande des familles des victimes.
Passerelle de sortie et passage sur le tunnel ferroviaire (2950 à 3200 m)
Le dernier tronçon franchit le tunnel ferroviaire par des escaliers abrupts. En bas, vous verrez la centrale électrique et, en haut, la cheminée d'équilibre du réservoir supérieur. Ces parois ont servi de décor au cinéma, notamment pour le film 'L'Express du colonel Von Ryan' (1965) avec Frank Sinatra et Raffaella Carrà. Une porte avec tourniquet marque la fin du sentier aérien et donne accès au chemin de sortie.
Tronçon final. Passerelle vers la sortie
Le phénomène d'El Chorro. Sentier de sortie (2,1 km de descente)
Le sentier de sortie descend vers le village d'El Chorro. Vous contournerez la colline 'Majada de la Cebolleta' surmontée d'une croix de fer. Le chemin passe devant un vieil eucalyptus qui a littéralement 'avalé' un morceau de tuyau de l'ancienne centrale lors de sa croissance.
Le nom 'El Chorro' (le jet) vient du spectacle impressionnant que produisaient autrefois les pluies intenses : la jonction de trois rivières créait un débit tel que l'eau sortait des canyons sous une pression énorme, comme un jet puissant.
Tronçon final. Avenue Caminito del Rey (descente vers la gare d'El Chorro)
Le viaduc de los Albercones
En descendant, vous apercevrez le 'Chalet de l'Ingénieur' Rafael Benjumea, une élégante résidence des années 20 avec son toit en tuiles vertes, d'où il dirigeait les travaux hydrauliques.
Plus bas, le Viaduc de los Albercones (1926) est un magnifique pont en pierre et béton qui a remplacé l'ancien pont en fer de 1865. Il marque la fin de votre aventure au cœur de ce site historique exceptionnel.
L'ancien village d'El Chorro
En descendant presque au niveau du réservoir, vous arriverez à un chemin de service bordé d'arbres qui passe devant la Chapelle-École ou « Ermita de la Medalla de la Milagrosa ». Ses « escaliers de beurre » (nommés ainsi pour leur forme ondulée) mènent à des panneaux d'information sur la faune et la flore, puis à une petite place ombragée idéale pour se reposer. Au-dessus de la chapelle, une palmeraie aménagée en belvédère offre des bancs orientés vers le réservoir Tajo de la Encantada. Cette chapelle-école fut construite par Rafael Benjumea pour les enfants des ouvriers et techniciens, jouant un rôle éducatif inestimable à l'époque.
L'activité hydroélectrique a transformé El Chorro en un centre dynamique. Rafael Benjumea a conçu des bâtiments alliant fonctionnalité et esthétique, harmonisés avec l'environnement. En plus de la chapelle, le village disposait d'une école avec bibliothèque, et même de terrains de tennis et de basket pour les loisirs. Avantage notable pour l'époque : les employés étaient exonérés du paiement de l'électricité.
Le poste de restitution des casques (point final du parcours)
Balcon de verre (2690 m parcourus)
Le 'Balcon de verre' est une épreuve pour ceux qui souffrent de vertige. En marchant sur son sol transparent, on a la sensation d'être suspendu au-dessus du vide, offrant une vue plongeante sur l'immensité du canyon et les plissements géologiques. Par sécurité, il est conseillé de ne pas y monter à plus de quatre personnes à la fois. De là, vous verrez également le viaduc ferroviaire qui a remplacé l'ancien pont en fer.
La gare d'El Chorro et les tunnels
La gare d'El Chorro se dresse sur un grand podium avec son horloge classique, offrant une image figée dans le temps. L'arrivée du chemin de fer en 1865 a désenclavé ce petit noyau. À l'époque, les trains ne pouvaient pas dépasser 30 km/h dans les zones sinueuses par mesure de sécurité.
Aujourd'hui, l'infrastructure du train à grande vitesse (AVE) Cordoue-Málaga passe à proximité avec des prouesses techniques modernes : les tunnels d'Abdalajís (7 300 m) sont les plus longs d'Andalousie et ont été creusés en un mois seulement grâce à un tunnelier géant de 110 m nommé 'La Alcazaba'.
À droite de la gare 'El Chorro-Caminito del Rey', vous verrez les parois verticales de la Pedrera de los Castillones. Cette zone est mondialement connue des grimpeurs et accueille régulièrement des épreuves du championnat d'Espagne d'escalade depuis 2014.
